mardi 20 janvier 2009, par cidrolin
Liège Guillemins, voie 3, 7h du matin. L’IC 529 pour Ostende via Bruxelles est à l’heure, il reste même quelques places assises en seconde classe : l’ambiance est presque détendue. On démarre à l’heure, prochaine arrêt : Louvain.
Après une demi-heure de trajet, à environ 160 à l’heure sur une ligne qui autorise 200 (mais ça ne sert à rien d’être en avance sur l’horaire, non plus), Leuven (je moet hier alleen in het Nederlands spreken). Les Flamand(e)s montent à l’assaut, quelques-uns sont en rade sur la plateforme.
Re-départ, pour Bruxelles-Nord cette fois. On roule plus lentement, la 4-voies Louvain - Bruxelles n’est pas une vraie voie TGV. Sans heurt toutefois, jusque Schaerbeek ; là, on se souvient tout-à-coup que nos parlementaires bénéficient d’un libre parcours première classe, et on adopte une allure de sénateur. A hauteur des Ateliers (là où on répare les trains - parfois), stop. Un temps (plus ou moins long).
Enfin, une annonce : "Nous sommes arrêtés en raison d’un train en panne devant nous sur la voie, dont le conducteur cherche l’origine". Un temps (plus ou moins long).
Autre annonce : "le train devant nous est en ’détresse’ (nl ’nood’)", c’est le terme consacré quand on n’espère plus le faire démarrer. On va devoir le dépanner avec une autre locomotive. Pour éviter d’attendre trop longtemps, notre train va rebrousser chemin jusqu’à Zaventem, où nous serons aiguillés sur une autre voie.
Par la fenêtre nous voyons passer le conducteur, qui a quitté sa machine pour rejoindre le poste de conduite à l’arrière du train. Un temps (plus ou moins long).
Annonce encore : "la locomotive de dépannage est arrivée plus tôt qu’on l’espérait et va tracter le train en détresse jusqu’à la gare de Schaerbeek, dégageant la voie pour notre passage." Le conducteur repasse le long du train dans l’autre sens. Un temps (plus ou moins long).
Annonce : "Mauvaise nouvelle, le train en détresse remorqué vers la gare de Schaerbeek a déraillé sur un aiguillage avant de l’atteindre, la voie est donc bloquée et nous allons rebrousser chemin... (voir ci-dessus)". Le conducteur repasse vers le poste de conduite à l’arrière. Un temps (plus ou moins long).
Annonce (exclusivement en néerlandais cette fois - je traduis) : "Le conducteur a fini de remplir ses documents [sic] et va redémarrer, direction Zaventem."
On repart enfin à reculons, et à (très) petite vitesse parce qu’à contre-voie. Haren, Diegem, Zaventem, qu’on dépasse de quelques centaines de mètres. Nouvel arrêt. Le conducteur quitte sa machine, fait pipi, s’ébroue, remonte le train jusqu’à la locomotive, remplit ses papiers, enfin fait ce que font les conducteurs de trains. Un temps (plus ou moins long).
Nouveau départ, dans le bon sens cette fois (le bon sens ?!). Dou-ce-ment. Tout le monde prie à haute voie, oups, voix dans le compartiment. Enfin, avec un retard (annoncé, hiervoor gelieve ons verontschuldigen, et puis quoi encore ?) de une heure et quarante-cinq minutes, nous entrons en gare de Bruxelles Nord. Dès l’arrêt du train, les passagers applaudissent à tout rompre le conducteur qui, bravant la nature hostile, les éléments déchaînés et les circonstances adverses, nous a menés à bon port sans plaie ni bosse.
Avec le train, nos voyages ont un goût d’aventure. (A condition que l’avenir du train dans notre beau pays ne soit pas l’arrêt complet !)